VICENTE DE MELLO – Silent City

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Vicente de Mello, série “Silent City”, Résidences d’artistes à Bruxelles-Contretype

J’ai vécu ma résidence, à l’invitation de l’Espace Photographique Contretype, comme un atelier en plein air, avec Bruxelles comme sujet principal.

C’était mon second séjour, le premier ayant eu lieu en 1999, où j’avais passé 48 heures dans la capitale considérée comme un joyau européen. En 2012, un fait culturel m’a frappé, c’est le silence de cette ville, tellement éloigné des villes brésiliennes, où la présence humaine entraîne toujours une profusion sonore. Ce silence a été la piste qui m’a conduit à «trouver» les images qui se dévoilaient à moi lors de mes balades.

J’avais tout mon temps, car j’étais seul à Bruxelles, de jour comme de nuit. Le temps de faire des photographies, de faire des tours en ville, du temps à écouter la chaîne Musiq 3 la nuit, lorsque le froid extrême vous contraint à vivre face à vos propres démons.

Dans la lumière du soleil, la perception des reflets et des ombres, rendus par la ville, révèle un univers différent, tel un film noir secret, où le danger, les mystères et les secrets sont tapis dans l’ombre.

Bruxelles dit: «déchiffre-moi ou je te dévorerai»! C’est ce sentiment que j’éprouvais, de vivre ailleurs et ayant du temps à consacrer à la contemplation. Chacune de mes photographies est un territoire conquis, une représentation personnelle du monde, avec son intention, avec laquelle j’exprime ma position face à la nature destructive de l’espace, pour ensuite être construite et articulée par le spectateur.

Les images réalisées pour Contretype constituent une nouvelle série intitulée «Silent City »; elles ont été prises avec un appareil Rolleiflex, tout comme les images de mes autres séries La nuit américaine, d’Après, Galactic, et Contrejour.

Toutes mes photographies portent par un titre faisant référence au dicible et au visible, comme une narration de leur «âmes picturales», soulignant l’expression du concept qu’elles contiennent. Ainsi est la description du monde, par la parole ou l’image.

Pour faire une image, le hasard est la meilleure opportunité: mesurer mentalement la lumière, risquer, savoir que cela ne pourra pas se reproduire, mais le faire, ensuite voir le résultat. Je trouve que ma démarche de photographe qui a déchiffré Bruxelles est bien différente de celle de l’écrivain qui écrit et corrige, de l’acteur qui expérimente à chaque représentation.

Vicente de Mello

lá no site Concretype

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